Qui pour nous reconcilier après Banny?

Crédit image: Wikimedia commons

Depuis quelques jours, notre réconciliateur national semble être tombé en disgrâce. Critiques, injures et remarques aussi âpres les unes que les autres sont malheureusement son partage.

Un quotidien dont je me garderai soigneusement de faire la publicité sur mon « bébé », a même cogité sur ce que pourrait apporter cet « eternel looser à la Côte d’Ivoire ».

Si si, nous parlons bien d’un ancien premier ministre et nous somme bien au sein du navire ivoire…Tout ceci parce que l’ex premier Ministre, qui à l’instar de Ségolène royal, maitrisait jusqu’ici la rareté de sa parole politique, pour dire des choses intelligentes quand le besoin s’en ferait sentir, a délié la langue.

Il a en effet jugé indispensable d’enfreindre l’obligation tacite de silence, que lui imposait sa fonction de Président de la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR).

Selon ses dires, il était de son devoir de faire entendre sa sagesse, au milieu de la cacophonie régnant au PDCI-RDA, sa famille politique. Il ne pouvait rester silencieux, il se devait « d’agir dans ce tumulte pour défendre l’essentiel, la libre circulation de la parole, la parole responsable, la parole qui rassemble ».

Lui même l’a d’ailleurs souligné :

–  J’ai atteint l’âge où la parole publique se doit d’être sage et pondérée, courageuse aussi.

Il faut avouer que ces derniers temps, les questions d’âges au sein du parti, du « vieux jeune » et du « jeune vieux », ont animé les débats et fait l’objet de toutes sortes de vices, de manipulations et d’ingéniosités… bref.

Raccordez cette sortie médiatique à la révélation de ses ambitions politiques ; j’entends les présidentielles de 2015 et vous comprendrez qu’a moins d’un coup de théâtre, il ne saurait être reconduit à la tête de la CDVR si renouvellement il y a.

A la fin de son mandat, le bilan est clair : la CDVR n’est pas parvenue à réconcilier les ivoiriens. Cet échec pose de nombreuses interrogations en l’occurrence celle-ci  :

Le Premier Ministre Banny était-il réellement l’homme de la situation ?

A l’évidence, la « mission d`œuvrer en toute indépendance à la réconciliation et au renforcement de la cohésion sociale entre toutes les communautés vivant en Côte d`Ivoire », définie par l’article 5 de l’Ordonnance N° 2011 -167 DU 13 Juillet 2011 portant création, attributions, organisation et fonctionnement de la commission dialogue, vérité et réconciliation, n’était pas faite pour lui.

Ce dernier n’avait pas le charisme nécessaire pour influencer l’une ou l’autre des parties impliquées dans la crise que nous avons traversée. Encore moins le courage de taper du point sur la table quand cela s’imposait.

En outre, le fait qu’il soit militant actif du PDCI-RDA, suscitait un certain scepticisme et posait la problématique de son impartialité. Certaines gens que je ne saurais nommer affirment même que ce poste est « sa part du gâteau ». Vous-même vous savez que nous somme en Côte d’Ivoire chacun y vas de son opinion et de son interprétation des faits.

Tenant compte de l’hypothèse selon laquelle le Président de la république déciderait de reconduire le mandat de la CDVR…

Qui pourrait représenter cette institution indispensable à l’heure actuelle ?

 En vérité, je ne saurais vous le dire.

Ce que je peux par contre affirmer, c’est que la réconciliation vise à rétablir des relations amicales entre des personnes brouillées, à inspirer à l’autre, une opinion plus favorable de son prochain.

Pour se faire, nous devons rechercher un visage fédérateur, un visage nouveau. Une personne que nous n’avons point vu militer dans un parti, qui n’a pas fait de la guerre son « gombo ». En somme qui ne s’est point compromise dans la crise.

Une personne qui sera autonome et assez, courageuse pour dire clairement les choses non seulement au président de la république, aux ex rebelles et aux différents acteurs politiques qui constituent le nœud gordien de cette paix à laquelle nous aspirons tant.

 La vérité est là : une réconciliation se décline avec l’exigence de la justice. Par conséquent, lorsque la justice et la franchise seront au rendez-vous, nous pourrons aisément en parler.

Il est impossible de faire du juste avec de l’injuste. Nous sommes encore dans une atmosphère de violence, de règlement de compte et d’attaques en tous genre.

Vivre en Côte d’Ivoire présentement, n’est pas de tout repos, d’autant plus que, les périodes sombres sont sans cesse rappelées à notre souvenir.

Je pense moi qu’il y a eu trop de précipitation dans cette affaire. Nous devons prendre le temps de poser les bases, de faire les formations qui s’imposent, de rechercher la personne capable d’assumer une telle charge.

 La réconciliation nécessite un réconciliateur qui aime ce pays, qui aime les ivoiriens, et surtout qui place les intérêts de ceux-ci au dessus des siens.

Lorsque cette personne crédible nous appellera, nous répondrons tous présents.

Shalom !

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