Port autonome d’Abidjan, tous pour un et rhume pour tous!

Zone portuaire Vridi

Zone portuaire Vridi

Le navire Ivoire en a fini avec l’élection présidentielle, les campagnes furent très édifiantes, les débats télévisés un peu complexes par moments, et certains projets de société nous ont bien niqués! Sans grande surprise, Mon très très Président, le Bâtisseur du pont qui vaut deux mandats, est réélu avec un score qui n’en finit pas de faire jaser les jaloux de sa victoire. Confortablement réinstallé sur le trône présidentiel, qui lui aura coûté la bagatelle de 83, 66 % des suffrages exprimés, il ne boude point son plaisir! Que croyez-vous? Avec ADO, la Côte d’Ivoire « est devant » comme le disent ses thuriféraires, à Abidjan.

Avec ADO, les fonctionnaires mangent à leur faim, c’est la santé pour tous, et l’économie vibre sur haute fréquence. Mais avec ADO, c’est surtout une affaire de routes et de ponts! Le pays est en chantier pour un relooking complet. Une si longue liste de grands travaux et de rénovations que son premier fan le jeune Bédié a fini par le surnommer le grand bâtisseur! Et vous n’avez encore rien vu! Car le président compte bien étonner davantage son peuple! Je ne demande qu’à voir… Il n’y a pas que moi, d’ailleurs! La zone portuaire et ses routes dégradées ne demandent que ça! Une bonne dose de goudron de qualité pour mettre fin au cauchemar des usagers de cette route ferait du bien.

Un retour émergent à la case départ

Le spectacle offert par les principales voies d’accès au port d’Abidjan notamment celles du Chu de Treichville à la zone industrielle de Vridi comme détaillé par la blogueuse Yehni Djidji est des plus prodigieux! Et le mot est bien faible, eu égard aux ambitions affichées par le gouvernement ivoirien, pour ce port qui brasse des milliards et contribue gracieusement au budget de l’État. Être la référence en Afrique ne se réalisera pas à coup de beaux discours.

Mise en bouche à l'entrée de Vridi en venant de Treichville

Mise en bouche à l’entrée de Vridi en venant du Chu de Treichville

L’état de dégradation de la route est tel que l’on aurait peine à croire que la voirie avait été refaite quelques années en arrière. La durée minimale de vie d’une route étant en principe de 15 ans selon les experts, je me demande par quel miracle celle-ci n’aura même pas tenu cinq ans. A qui la faute? Aux intempéries? Aux poids lourds dont le ballet de va-et-vient est désormais inscrit dans le patrimoine de la zone portuaire? Nos grands ingénieurs en travaux publics fabricants de goudron longue durée, n’ont pu prévenir cela? Eh bien, la conséquence est que ce tronçon est le meilleur moyen de rater un rendez-vous, voire même d’endommager votre véhicule. C’est un retour garanti à la case tracas, embouteillages, nids de poules et autres emmerdes, qui doivent arracher des rictus constipés aux nombreuses entreprises concentrées dans cette zone portuaire. Les industriels et autres prestataires, les entreprises pétrolières, les cimenteries, les concessionnaires automobiles à savoir UNILEVER, SANIA,  SHELL, TOTAL, SIMAT AFRICAUTO, SOCIMAT et même le géant Bolloré -qui engloutit sans modération aucune les marchés les plus juteux de Côte d’Ivoire-, pour ne citer que celles-là, doivent certainement rire jaune! Car un tel désastre (c’en est un) dans une zone aussi stratégique a obligatoirement des conséquences néfastes sur l’efficacité de ces entreprises. La journée d’un camionneur dépeinte par Droville en est l’illustration parfaite.

Vridi route portuaire le gravat repend la poussière dans l'air. Crédit photos Babeth

Vridi route portuaire le gravât repend la poussière dans l’air. Crédit photos Babeth

Mais n’allez surtout pas croire que les autorités s’en foutent! Un cocktail de gravats est la solution alternative offerte par je ne sais trop qui depuis environ une semaine aux dires des riverains, en attendant qu’un cœur compatissant se penche sur la cause de cette voie. Pour avoir effectué ce trajet quotidiennement pendant près de six mois, au cours de l’année 2011-2012, je sais qu’elle pose un vrai problème de santé publique.

Cette mixture de graviers et de sable distille dans l’air une poussière ingurgitée à longueur de journée par les pauvres ouvriers et autres camionneurs qui n’ont point de voiture climatisée dont ils pourraient remonter les vitres le temps de passer au frais la route du calvaire; encore moins sortir de leurs boîtes magiques le sésame qui donne accès aux raccourcis offerts par le port à ceux qui en ont les moyens! Cette détresse est certainement l’une des raisons qui a fait s’étrangler le blogueur Abidjanais et pour laquelle le blogueur Daouda Coulibaly n’a pu se contenir.

N’en demandez surtout pas le goût aux usagers! Puisque ce breuvage passe directement des narines aux poumons sans laisser au palais l’occasion d’en apprécier la saveur, comme les narines en apprécient l’odeur. Habituellement cette route est très poussiéreuse mais avec cette poussière additionnelle dont on aurait pu se passer, bonjour les infections pulmonaires, bronchites, méningites, les allergies, les rhumes à répétition et la cerise sur le gâteau, les sinusites avec en prime un défilé gracieux à l’infirmerie! Mais ce n’est pas bien grave! N’est-ce pas?

Qui en est le responsable?

Zone portuaire Rue Inno à droite de Tedis Pharma Camion et autres poids lourds très fréquents Crédit photos Babeth B.

Zone portuaire rue Inno à droite de Tedis Pharma. Camions et autres poids lourds très fréquents
Crédit photos Babeth B.

A qui doit-on crier dans une telle situation? Les camionneurs et autres chauffeurs de taxi avec qui dans mon kpakpatoya j’ai échangé, espèrent que l’Etat fera quelque chose. Mais qui dans l’appareil étatique en a la responsabilité? Ce tronçon d’à peine quelques kilomètres quotidiennement emprunté par les poids lourds et légers des nombreuses entreprises dont les business sont des plus florissants restera-t-il sans solution? Ou l’Autonomie du port autonome d’Abidjan qui est le poumon de l’économie ivoirienne fait-elle peser sur lui la responsabilité de réparer cette voie? Beaucoup d’interrogations, diront certains…. En effet; je ne suis pas une experte en route. Je pose juste des questions…

Je les pose à dessein, car ce port très autonome est placé sous la tutelle du ministère des Transports, du ministère de l’Economie et des Finances et de celui des infrastructures économiques. A moins que les mairies de Port-Bouet et Treichville ne doivent s’en occuper… C’est le cas? A qui doit-on en appeler au juste dans cette affaire? Car cette situation nécessite que quelqu’un mette la main à la poche. Fort heureusement, la rondelette somme de 125 milliards de francs CFA sera bientôt mise à la disposition de l’Etat dans le cadre du 2e contrat de désendettement et de développement (C2D) signé le lundi 2 novembre 2015. Le premier ministre affichant un large sourire affirmait à cette occasion que «l’infrastructure de qualité devrait contribuer à la lutte contre la pauvreté qui reste la priorité de l’Etat».  Il ne croit pas si bien dire!

La réhabilitation de la route du Nord Bouaké-Ferkéssedougou, du pont Félix Houphouët-Boigny, la construction du port de Bettié, dans l’est de la Côte d’Ivoire, sont au menu de l’usage de ces 125 milliards. Il y a même des imprévus, tiens! La réalisation de 14 ponts métalliques, sur des axes ruraux ; 400 km de réhabilitation de routes interurbaines revêtues; plus que quelques mois et toutes ces merveilles, verront le jour ou du moins, un début de réalisation. Génial! La zone portuaire ne fait pas partie des imprévus? Oui? Non? En attendant, qu’est-ce qu’on fait? Dans tous les cas, pour tous ceux qui aiment inhaler la poussière, nous avons une solution pour vous. Tous pour un, rhume pour tous!

Shalom!

3 Commentaires

  1. On dirait des rues de campagnes… Bon on espère que leur reprofilage fera partie des cadeaux de noël réservés à la ville d’Abidjan cette année. Mais sérieux ça fait une de ces frayeurs quand un poids lourd tombe dans une crevasse et se penche sur le côté…Solution quikly.

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