A quoi joue le ministre Cissé Bacongo ?

Le site litigieux (Temple AD)

Le site litigieux (Temple AD)

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Monsieur Cissé Bacongo, est le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique de la Côte d’Ivoire.

 Il est au cœur de l’actualité ces derniers jours, comme acteur principal dans un litige foncier opposant l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody (Abidjan), à l’Eglise évangélique des Assemblées de Dieu de Cocody.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les actions du ministre sont choquantes, à la limite du blasphématoire (à supposer que cette limite n’ait pas été déjà franchie), si l’on s’en tient au déroulement des évènements que je souhaite relater.

Ce ne sont pas seulement les relents religieux de la question, à cause de l’implication d’une Eglise qui suscite l’indignation. Mais plutôt, ce qui ressemble, à ne point s’y tromper, à un mépris effronté et éhonté de la loi.

Habituellement, ma plume sur ce blog transpire la satire et l’ironie, que j’assaisonne tant bien que mal, de lazzis innocents.

Mais aujourd’hui, je n’ai aucune envie d’être drôle. Je ferai de mon mieux, pour ne pas verser dans une longue diatribe. Même si…

Exposé des faits

Depuis pratiquement deux années, notre ministre disant agir au nom de l’Université Félix Houphouët-Boigny , est engagé dans un litige foncier avec l’Eglise évangélique des Assemblées de Dieu de Cocody dite AD.

Ladite Eglise, possède un certificat de propriété foncière (dont j’ai pu obtenir une copie), délivré par le ministère de la Construction en date du 5 septembre 2012, faisant d’elle, le propriétaire exclusif du terrain sur lequel est bâti son temple.

Le ministre, au motif que l’université dispose d’un titre de propriété antérieur à celui de l’Eglise, avait entrepris la destruction du temple et la réalisation de travaux au profit de la fac sus mentionnée.

L’affaire portée devant les tribunaux en novembre 2012, injonction fut faite, par une ordonnance de référé N°4900/2012 du 28 novembre 2012, à « l’université Félix HOUPHOUËT-BOIGNY de cesser tout trouble et tous travaux sur le site litigieux ».

Cette décision donnait bien entendu la possibilité à la partie adverse de faire appel.

Qu’a-t-elle fait ? Rien !

Face à cette inaction, le certificat de non-appel N° 4098/2012, daté du 20 décembre 2012, a été délivré par le greffier en chef du Tribunal d’Abidjan à l’Eglise des AD le 20 décembre 2012.

Ces décisions ont bien entendu été notifiées à toutes les parties concernées par exploit d’huissier.

Quelle ne fut pas la surprise de la communauté AD de Cocody, lorsque le 2 décembre 2013, M. Bacongo en violation de l’ordonnance du tribunal et sans aucune sommation, ni mise en demeure (aux dires des responsables de la communauté), a fait pénétrer un bulldozer dans l’enceinte de l’Eglise et a procédé à des travaux dits de constructions.

Pire, figurez vous que ce dernier y a posté des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), interdisant l’accès au site (j’ai pu les voir, m’étant rendue dans mon kpakpatoya habituel sur les lieux). Conclusion : l’église ne pouvait plus y tenir ses réunions de prière ! Quel abus d’autorité !

Est-ce en toute légalité que notre ministre agit ainsi ?

Questions troublantes

Je suis consternée que le juge ait débouté l’université qui prétend être le véritable propriétaire du terrain en vertu d’un titre de propriété datant du 11 juin 2004.

Dans l’hypothèse où ce titre ne serait entaché d’aucune irrégularité, pourquoi le ministre n’a-t-il pas interjeté appel de la décision du juge des référés ? N’est-ce pas de la négligence ? Ou dirais-je plutôt, n’avait-il pas en tête, ce projet de passage en force dès le départ ?

Le comble, Monsieur Bacongo, affirme dans son grand cœur, avoir : « Décidé de couper la poire en deux en sollicitant l’expertise du ministère de la Construction pour une simulation avec comme principal objectif, la sécurisation de l’Eglise. Le ministère de la Construction a, donc, divisé le terrain en deux parts égales : 8 000 mètres carrés pour l’Eglise et 8 000 mètres carrés pour l’université ».

Très drôle ! Je me garderai de dire ce qui me vient à l’instant à l’esprit !

Depuis quand le ministère de la Construction est-il arbitre dans les litiges fonciers ? L’Eglise avait-elle donné son approbation pour cette démarche ? A ce que je sache, ce type de conflit se règle au tribunal.

Dans le cas d’espèce, le juge des référés a rendu un jugement des plus limpides, qui est aujourd’hui violé au nez et à la barbe des autorités judiciaires, policières et administratives qui par lâcheté ou par complicité, refusent de l’appliquer.

Fort heureusement, la mobilisation des membres de l’Eglise et des bonnes volontés a permis la réouverture du site depuis le 12 décembre 2013. Ceci dit, selon le communiqué de la direction de communication des AD de Cocody, les forces de l’ordre sont toujours sur les lieux.

Je vous livre une partie du point de presse que j’ai pu me procurer : « Le dimanche 15 décembre 2013, c’est avec regret et indignation que les fidèles de l’Église évangélique des Assemblées de Dieu de Cocody, ont constaté la présence massive et menaçante d’hommes armés de fusils automatiques, sur leur lieu de  culte.  Parallèlement à cette occupation armée, se déroulaient, pendant la tenue du culte, au sein même de l’église, les travaux d’érection d’un mur visant la partition  du terrain, sous la responsabilité  et l’autorité de  M. Cissé Ibrahim Bacongo. Et ce, de manière bruyante et avec une célérité peu commune. Ce fait  qui défie toutes les règles de la vie en communauté, et particulièrement celles de la liberté de culte, est de nature  à choquer toute personne éprise d’un  respect  minimal du sacré… »

Nos ministres et autres institutions sont-ils au-dessus de la loi ?

Je croyais que le gouvernement avait décidé de faire de ce pays un havre de paix et de justice sociale. Je ne savais pas que les ministres étaient perchés au-dessus de la loi et pouvaient librement faire porter, à qui bon leur semblait, le joug de leur autorité.

Cette affaire n’est pas la seule du genre c’est pourquoi je me suis décidée à en parler.

Pour devoir de mémoire, la Côte d’Ivoire a connu une crise grave parce que certains Ivoiriens, se sentaient marginalisés, violés dans leurs droits, mis à l’écart.

Aujourd’hui, à entendre les propos des uns et des autres et à considérer des situations comme celle décrite dans ce billet, qui n’est qu’un épiphénomène dans un tableau général somme toute inégalitaire, il semble bien que malheureusement le navire ivoire soit en train de rejouer la même tragédie de l’exclusion et de la dénégation de justice à certains Ivoiriens. Leur seul tort est de ne pas être suffisamment proches des réseaux du pouvoir actuel ou d’avoir été, de façon avérée ou supposée, un peu trop proche de l’ancien pouvoir.

A quoi joue Cissé Bacongo ? Autrement dit, pour qui joue Cissé Bacongo ?

Dans ce climat de réconciliation nationale, ne vaudrait-il pas mieux aller à la table des négociations ? Avec de telles pratiques, nous voyons que nous sommes loin de la séparation des pouvoirs, exécutif et judiciaire, si chère à la démocratie. Cette dernière, fer de lance du gouvernement, lui a permis d’affirmer sa légitimité.

Alors, fier gouvernement, le pays vous appelle, si vous avez dans la paix réglé ce conflit, notre devoir à nous, citoyens, sera d’être un modèle d’union, de discipline et de travail.

Oui ! Citoyens de tous bords, nous sommes tous concernés par cette « nébuleuse affaire ». Aujourd’hui le temple des AD, demain à qui le tour ?

Shalom !

NB: Vous trouverez le certificat de propriété, la réquisition foncière délivrée par la Conservation foncière et quelques photos sur la fanpage du blog.

15 Commentaires

  1. Bel article d’investigation! c’est vrai que je ne suis pas partiale dans ce conflit. mais tout de même!!! la présence de FRCI ARMES sur un lieu de culte? un lieu où nous avons des enfants. le refus d’indemnisé l’église après la destructions de la petite clinique, le groupe électrogène, le portail,…?? pffff. elle est belle la justice des vainqueurs, oups! la justice ivoirienne.

  2. Je ne m’étalerai pas sur cet outrecuidant zèle luciférien, je préfère, moi aussi, parler de justice et de droit.
    Combattre l’impunité des crimes aussi scandaleux contribuent aussi à la prévention de ces crimes et à la mise en œuvre des droits des victimes.
    A ceux qui ont le pouvoir d’agir, nous sommes regardant sur la gestion de cette affaire car Il s’agit de renforcer l’État de droit et établir une société juste qui sont un préalable à cette réconciliation que nous chantons tous …

  3. Le juge des referes n’est pas le juge du fonds. La decision en refere n’est plus de mise des lors qu’un juge est saisi pour juger l’affaire dans le fond. La decison en refere de la justice, n’empeche pas des actions judiciaires dans le fond. Maintenat au lieu de s’en prendre a Bakongo, il faudra savoir combien de decision de justice contre l’Etat et ses demembrements ( douane, tresor, Impots,etc….) Sont executes. Voici un autre regard si vous voulez. Cette administration desordonnee et corrompue, qui delivre des certifiacts de propriete ne vous interpelle, et vous croyez qu’il suffit de brandir le nom de dieu, pour laisser prospere le faux! De nombreux citoyens vivent et subissent au quotidien la spoliation de leur titre foncier par le plus fort du moment, par la faute des faux documents. Enfin,pour une fois que Bacongo defend l’uinversite et non son patrimoine personnel, ne faut il pas l’encouarger? Luniversite cest les chreteins,les musulmans, les boudhsites,les athees, les pauvres et les riches. Lkuniversite, cest universel!
    Litige foncier/ Affaire Université de Cocody-Eglise Assemblée de Dieu
    Un terrain d’entente aurait été trouvé, mais…
    Selon un communiqué du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRC) en date du jeudi 12 décembre 2013 dont nous avons reçu copie, un terrain d’entente vient d’être trouvé au litige foncier qui opposait l’Etat de Côte d’Ivoire, représenté par le ministère, à l’Eglise des Assemblées de Dieu située à l’opposé de l’Université FHB dans le périmètre de la brigade de gendarmerie. Enfin, diront les témoins de cette affaire dont les soubressauts auront tenu en haleine pendant près de deux ans, partisans et adversaires de chaque camp. Voici l’historique de ce conflit foncier où Dieu lui-même a été appelé au secours.
    Le communiqué pondu le jeudi 12 décembre 2013 révèle en effet que grâce à la médiation de guides religieux, saisis de l’affaire, les responsables de l’Eglise des Assemblées de Dieu ont décidé de renoncer au bras de fer, en se contentant finalement des clauses du règlement à l’amiable préétabli avec le MESR, à savoir le partage équitable de la parcelle à litige. Les fidèles de l’Eglise qui ont, par la même occasion renoncé à s’attaquer à la clôture de délimitation en construction, se sont vus autoriser l’accès du site par le ministère.

    A qui appartient le site litigieux ?

    Au cœur du conflit, un terrain de 16.500 m2 (en face de l’Université Félix Houphouët-Boigny sur l’axe Cocody-Riviera 2), pour lequel les deux parties détiennent des titres de propriété dûment délivrés par des services du ministère de la Construction.
    Lors d’une conférence de presse animée le 12 novembre 2012 à son cabinet, le ministre Cissé Bacongo a fait savoir que l’université Félix Houphouët-Boigny dispose de 13 ha sur lesquels sont installés le district de police, la brigade de gendarmerie de Cocody et l’église des Assemblées de Dieu de Cocody. Selon lui, l’église occupe 16498 m2, soit 1,6 ha du site de l’université.
    Pour le MESRC, le site sur lequel se trouve l’Eglise des Assemblées de Dieu fait l’objet d’un certificat de propriété de l’Université, antérieur à celui de l’Eglise qui s’avère donc selon les services du ministre Bacongo, illégal dans la mesure où le premier certificat n’a pas été annulé. Ce qui intrigue dans ce contentieux c’est en effet, la détention par les deux protagonistes de deux titres de propriété. Un document censé être pourtant unique et inattaquable. Pendant que le ministère de l’Enseignement supérieur brandit le titre de propriété TF 14668 publié au livre foncier du 23 avril 1969, son adversaire (l’église Des Assemblées de Dieu) sort le titre de propriété TF 84289 qui date de 1996. La tension était montée à plusieurs reprises entres les deux parties.
    La première fois, le mardi 6 novembre 2012. Ce jour, la clôture du temple a été touchée par un bulldozer du ministère de l’Enseignement supérieur. Le ministre de l’Enseignement supérieur, M. Ibrahima Cissé Bacongo avait indiqué lors de sa conférence de presse du lundi 12 novembre 2013, qu’il avait attendu plus de 10 jours que les responsables de l’église veuillent bien signer l’accord à l’amiable qu’il avait trouvé afin de définitivement décanter cette situation. Accord qui consistait à accepter le principe de concession de 8250 m2 à l’Eglise des Assemblées de Dieu et 8262 m2 à l’université de Cocody. Dans le souci de trouver un règlement à l’amiable, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique avait donc décidé de couper la poire en deux.
    Comment a été fait le partage du site litigieux ?

    Puisqu’il n’y a pas eu d’entente après plusieurs rencontres. En fait trois (3) rencontres où les deux parties sont restées sur leur position de jouir exclusivement du site en question. Puisqu’il n’y a pas eu d’entente, le ministre qui les a reçus la troisième fois à son cabinet a expliqué que des simulations seraient faites pour voir ce qui pouvait être concédé à l’église. Et il a demandé séance tenante à la direction de la topographie de voir ce qui était possible en la matière sans détruire le temple. Au terme des simulations, il a été arrêté un plan qui divise le site en deux sans toucher l’église. C’est cette simulation qui a été appliquée pour le partage.  »Il a été demandé au directeur de la topographie et de la cartographie de délimiter le site du côté de l’église. Ce dernier a explosé ses conclusions et a indiqué qu’il y avait une superposition de 2 titres fonciers(TF). Le titre foncier de l’église est superposé à celui de l’université », avait indiqué le ministre Bacongo. Et de poursuivre pour dire que  »Le ministère de l’Enseignement supérieur n’a jamais eu l’intention, n’a pas l’intention et n’envisage pas de détruire l’église des Assemblées de Dieu de Cocody. J’ai reçu les frères et sœurs de cette église et je leur ai répété cela. Nous ne casserons pas l’église. Le ministre que je suis, à titre personnel, a déjà construit des églises, a équipé des églises. Je ne peux donc pas être complexé dans mes rapports avec les églises »
    Mais pourquoi alors y’a-t-il eu tant de soubressauts ?

    «C’est parce que le ministère est en train d’aménager sa partie avec des travaux de terrassement qui ont touché la clôture. Il faut savoir que la clôture se trouve à l’intersection du domaine de l’université sur ce site et les 8250 m2 sur les 16500 m2 que nous avons concédés à l’église pour ne pas toucher son temple et son grand bâtiment. C’est pour cela qu’elle a été touchée. Sinon, nous n’avons pas l’intention de toucher l’église. Elle sera épargnée comme le stipule d’ailleurs les simulations diligentées à cet effet par le ministre Cissé Bacongo. Il est dès lors inexact de dire qu’il s’attaque à une église. C’est plutôt juste de dire qu’il protège l’église des Assemblées de Dieu», avait précisé le Pr N’Guessan Kouamé, Directeur du service de décentralisation des universités.
    Pourquoi en est-on arrivé à ce conflit ?

    Tout simplement et c’est hélas, si courant, du fait de la détention par les parties (le ministère de l’Enseignement supérieur et l’Eglise des Assemblées de Dieu) de deux titres de propriété. Un document censé être pourtant unique et inattaquable. Pendant que le ministère de l’Enseignement supérieur brandit le titre de propriété TF 14668 publié au livre foncier du 23 avril 1969, son adversaire (l’église les Assemblées de Dieu) sort le titre de propriété TF 84289 qui date de 1996.
    Saisi du différend, le ministère de la Construction a pris fait et cause pour le département du ministre Cissé Bacongo déclaré «vrai propriétaire» du site. «Dans toute cette zone de Cocody, le domaine de l’université de Cocody couvre une superficie de 31.000 m2. Y compris les 16.500 m2 occupés par l’église les Assemblées de Dieu. Et cela a été reconnu et affirmé par la direction de la Topographie sous tutelle du ministère de la Construction qui est le service compétent pour trancher », a signifié le Directeur du service de décentralisation des universités. Mais, la question de fond sur l’existence de deux titres de propriété pour le moins contradictoire sur le même site, demeure.
    Qui est donc le vrai propriétaire ?

    Lorsque le conflit s’est déclenché en novembre 2012, un agent de la direction de la Topographie avait donné son éclairage qui demeure encore d’actualité selon les différentes indiscrétions que nous avons obtenues des mêmes services. Selon cet agent, l’erreur c’est que le bornage contradictoire n’a pas été fait avant l’attribution d’un autre titre de propriété en 1996. « C’est de là que vient le problème des deux titres de propriété sur le même terrain», a confié sous le court de l’anonymat le, collaborateur du ministre Mamadou Sanogo en service à la direction de la Topographie et du contentieux du ministère de la Construction, de l’Urbanisme et de l’Assainissement.
    Du côté des membres de l’église, on crie au complot et à un abus de pouvoir. « Il y a eu un procès, le ministère a été débouté. Nous avons tous nos papiers, ce terrain nous appartient. Mais comme vous le constatez, on nous empêche de mener nos activités », a déclaré un membre de l’église qui a requis l’anonymat. Le conseil paroissial avait eu recours à la justice. Le juge par l’ordonnance des référés 4900/2012 du 28/11/2012 a confirmé le titre de propriété de l’Eglise sur la totalité du site. Après le verdict, la clôture construite par les responsables de l’université a été détruite par les fidèles de cette assemblée. En dépit de cette décision de justice, le terrain litigieux est encore gardé par des éléments des Forces républicaines (FRCI), empêchant du coup les membres de cette communauté de vaquer à leurs prières. Tout individu qui tente de passer le barrage que les soldats ont érigé, est rappelé à l’ordre.
    L’église accusée de faux et usage de faux.

    Selon un membre du ministère de l’Enseignement Supérieur est de la Recherche Scientifique, l’église aurait produit un second certificat de propriété sans que le premier ne soit l’objet d’annulation. « Un terrain ne peut avoir deux certificats de propriété au même moment », a-t-il souligné. Pour ce dernier la décision de justice est nul et de nul effet. Seule l’université serait en possession d’un vrai titre foncier délivré en 2004. Ce dernier a révélé que des poursuites devant les juridictions pour faux et usage de faux des responsables de l’église seraient en cours

    Aucun mètre carré ne sera concédé

    Pour répondre à la rumeur selon laquelle, l’espace litigieux serait concédé à l’université, le vendredi 13 décembre 2013, la direction de la communication de l’église a réagi en ces termes : « L’église n’a concédé et n’entend concéder aucun centimètre de son périmètre, préservant le patrimoine qui est le sien, en toute et pure légalité », disaient certains fidèles. Ainsi donc les membres de l’église ne se retrouvent pas dans la procédure à l’amiable indiquée par le communiqué du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Ce qui revient à dire que le conflit en question n’est pas encore éteint et on doit s’attendre dans les jours ou semaines à venir à de nouvelles tensions sur le site litigieux. D’ailleurs, la présence encore visible d’hommes en armes (FRCI) sur le site litigieux démontre que malgré la bonne volonté du ministre Bacongo, le problème demeure.
    Olivier Guédé et Arnaud Houssou

    1. j’ai bien lu avec attention l’exposé publié par vous, qui a le mérite de reprendre les faits dans leur entièreté, même si, cher Jean de Dieu, la conclusion pour le moins curieuse, et qui fait référence à une prétendue « bonne volonté » de Mr BACONGO me laisse perplexe!

      en effet, comment, Mr qui croit connaître ce qu’est le droit, peut on, alors qu’on revendique tous les deux une parcelle, dire qu’on « coupe la poire en deux »??? le Roi SALOMON se serait il réincarné en ce « bon » et « sage » Bacongo? vraiment votre analyse était prometteuse, pour finalement ne rien dire de plus que ce qu’on sait déjà.

      moi je ferai ce point là, « môssieur »: la décision du juge des référés a ceci d’éminemment supérieur aux agissements du sieur bacongo, qu’elle est une décision de justice, même rendue par le juge de l’évidence et non le juge du fond, là où les actes de Mr BACONGO ne sont ni plus ni moins que des voies de fait; ensuite si vous croyez que l’antériorité d’un acte suffit à en garantir l’authenticité (et je frémis d’horreur devant l’incongruité d’une telle vision), pourquoi ce bon vieux BACONGO devant l’intransigeance de ces « fraudeurs » que seraient ces gens de cette église, ne demanderait il pas la reconnaissance de son droit devant les Tribunaux???? qui mieux qu’un ministre, juriste de surcroît, pourrait montrer son attachement à l’état de droit et à l’institution de justice, en lui faisant confiance pour trancher la contestation? assignation à comparaître devant le Tribunal? NON! que nenni! des FRCI armés sur un lieu de culte, en totale violation des libertés individuelles et collectives, voilà qui est bien plus respectueux des lois de l’état qu’on prétend servir! par là même il montre sa « bonne foi »!

      dans cette affaire, je ne sais pas encore qui a tort ou a raison, mais je sais que le comportement de Mr BACONGO ne me rassure guère sur la solidité de son prétendu titre. ce serait en effet d’une simplicité enfantine que de le faire reconnaître par la justice, au lieu de couper en deux une poire qui ne lui appartient pas et par là même, voler à un autre ce qui lui appartient.

      ma conclusion sera un peu plus objective: Bacongo et AD faites entendre votre voix à le justice et qu’un juge tranche!!! en attendant, il a été fait à Bacongo, suivant une décision devenue définitive, de ne plus troubler la jouissance de l’église, il doit s’y conformer, pour peu qu’il soit un acteur de l’état de droit. c’est seulement en cela, qu’il démontrera sa « bonne volonté »

  4. Dans un État de droit les conflits se règlent en s’appuyant sur les lois établies non avec des armes. On a beau donner mille justifications, la prise d’armes est inconcevable, inacceptable et irresponsable. Si la Côte d’Ivoire veut être un pays respecté dans le concert des nations elle doit faire preuve de maturité. Et cela commence par ses dirigeants. Arrêtons de justifier de telles inconséquences. Quand un État a des lois on les respecte même quand elles ne nous conviennent pas afin de laisser un héritage potable aux générations à venir. Grandissons dans le respect de nos lois. La terre entière nous regarde et les générations à venir aussi…

  5. Soit. Les religieux devraient aussi eviter le fait accompli, avant que l’affaire soit videe dans le fond. Ce que vous semblez oublier, c’est qu’il ne s’agit point d’un bien prive,mais bien un bien public. A priori tous les titres fonciers appartiennent a l’etat et aux communautes. Si le ministre voulait une loubaridsation, en ces temps de nuissance sonore, il est bien facile de pretexter la laicite de l’Etat, pour retrirer de facon administrative et non judiciaire le terrain a l’Eglise. Vous savez tres bien que l’Etat malgre même une decision dans le fond, peut faire valoir des imperatifs de securite et de bien etre pour tous, chretiens comme musulmans, pour attribuer un autre terrain a ces hommes de Dieu. Moi je serai ministre, j’aurais propose cela. L’anteriorite d’un acte confere des droits certains, et quand il est faux, il faut recuser cet acte dans les formes regulieres. Se parer des arguments de loi, quand on a commence par le faux, est un abus. Le droit ce n’est pas un jour, c’est tous les jours. Le droit skipmose aux citoyens qui le reclamment des gouvernants. Envoyer des Frci, pour proteger les biens de l’Etat n’est pas une affaire de voie de fait. Les Frci ne sont pas une milice privee, ni une policie privee de Bakongo, le terrain litigieux n’est pas une propriete de Bacongo, et l’espace universitaire est une zone de franchisse, dont les parcelles ne s’attribuent pas a des tiers fut-il des communaute religieuse. L’Etat de droit exige la mobilisation contre cette pratique dont souffrent de nombreux citiyens depossedes de leurs titres fonciers. C’est cela le debat a faire au lieu de sortir les grands principes pour s’appitoyer sur le sort de cette eglise. De nombreux ivoiriens sont victimes de cette pratique, qui a conduit l’Etat a prendre des decisions nouvelles sur le titre foncier… Un titre foncier est unique, et il s’agit du patrimoine de l’universite, quand des magouilles de petits fonctionnaires creent la confusion, on ne refugie pas derrière la justice et des refers pour ameuter, et on ne sort pas des humeurs pour s’en prendre au ministre et lui donner sur le fond, comme sur la forme. Voilà.

    1. je ne crois pas que l’on peut ou doit trancher à la place du tribunal. si ce terrain appartient à l’université, que la justice tranche. les FRCI n’ont nullement le droit d’intervenir dans ce conflit car nous ne sommes pas dans un conflit armé ou aux frontières du pays (« Leur mission première est d’assurer la sécurité de l’État, la défense de ses intérêts et la protection de ses populations et territoires vis-à-vis d’une menace extérieure » source : Wikipedia.). c’est à la police de le faire. nous sommes vraiments dans un état sans loi!, excusez moi Etat de droit.

  6. Il convient de préciser que cet article n’a nullement pour objectif de susciter un débat religieux.
    De ce fait, les arguments religieux sont à proscrire. La seule raison pour laquelle « Dieu » apparait dans mon article, est qu’il entre dans la dénomination de l’Eglise « Assemblée de Dieu ».
    Ensuite je ne porte aucun jugement quant à l’authenticité des titres de propriétés des uns et des autres; je laisse ça au juge.
    Je m’insurge juste contre la procédure et les méthodes employées par notre ministre pour faire valoir les « droits » de l’université.
    Ceci étant dit, puisse que deux personnes ne peuvent marcher ensemble sans s’être convenues on va se dire la vérité à l’ivoirienne:
    blog là, c’est pour moi. Quand je publie mes « negreries » là, celui qui n’est pas content, est libre de l’exprimer.
    Car un article est toujours discutable dans le fond comme dans la forme.
    C’est un espace d’échange et je crois avoir prouvé en autorisant la publication d’un « article » sous mon article, et même des propos pour le moins injurieux que le débat contradictoire, ne me dérange pas.
    Si tu es content tu peux également l’exprimer, je vais rougir même si cela ne se verra pas sur ma peau de Négresse.
    Mais de grâce ne pas confondre le franc-parler qui est une qualité et l’impolitesse qui est un vilain défaut!
    L’impolitesse ne sera pas autorisée sur ce blog. Ni envers moi, ni envers mes lecteurs. A partir de maintenant je ne discute même plus celui qui publie des injures là, je supprime tout simplement.
    Car jusqu’a preuve du contraire, ici là kèh, il n’y a qu’une seule REINE et c’est moi.
    Sur ce Shalom! On est ensemble.

  7. Merci Babeth car sur la forme moi j’aime ces genres de billet ou le citoyen lambda s’exprime librement comme il le veut bien sur !

    Sur le font pour moi rien de nouveau, je retiens ces 3 mots clés : Politique, Religion(Église), et Justice/droit .
    Ce qui semble nouveau c’est bien le caractère sacré de l’église, mais il ne faut pas prendre sur ce angle là.

    Donc allons avec la POLITIQUE et la JUSTICE
    Vous savez si on s’en tiens seulement à ce billet je pense qu il ne faut pas chercher le problème ailleurs. Comme tu l’as si bien dit : «  »Leur seul tort est de ne pas être suffisamment proches des réseaux du pouvoir actuel ou d’avoir été, de façon avérée ou supposée, un peu trop proche de l’ancien pouvoir. » »
    c’est ça qui est la vérité comme on le dit ici

    ***Pour un observateur averti de la vie politique ici au pays on rentre dans la logique des Vainqueurs et des Vaincus de l’histoire de notre histoire. Dans cette logique malheureusement c’est la Justice des Vainqueurs qui s’applique, l’histoire même enseigne cela.

    Oubien quand BARACK Obama a dit «  »L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions » » vous pensez que c’est faux c’est ça qui est lala… Ici au pays vous l’avez compris on a des hommes forts, mais pas fortes institutions, La justice/droit n’est rien devant ces hommes forts ici en Afrique.

    Les vrais questions ici :
    – Comment mettre fin à cela ?
    – Par ou commencer?
    – Comment mettre en place des institutions fortes
    Cela ne peut être possible si nous n’avons pas une Société civile actif, efficace et bien organisé, notre pays? Si non vous savez ….

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