16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre : les médias et activistes ivoiriens sont-ils au Rendez-vous ?

Les violences à l’égard des femmes et des enfants sont à l’occasion de la campagne internationale « 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre » (qui se tient du 25 novembre au 10 décembre) au cœur de plusieurs activités initiées par le Ministère de la Femme de la Famille et de l’Enfant (MFFE).

A cet effet, un Atelier de sensibilisation des professionnels des médias sur les violences contre les femmes et les enfants a été organisé le 27 novembre au Centre Saint Egidio à Treichville. Plusieurs exposés et présentations ont permis au ministère de partager avec les professionnels des médias et les blogueurs présent l’ampleur de ce fléau en Côte d’Ivoire et la nécessité d’en parler…

De quelles violences parle-t-on ?

Viol, agression sexuelle, agression physique, mariage forcé, déni de ressources et d’opportunités, maltraitance psychologique et émotionnelle, la violence basée sur le genre, revêt plusieurs formes et est selon le document de la Stratégie Nationale de lutte contre les VBG, adoptée en 2014 par l’Etat de Côte d’Ivoire, un terme générique désignant tout acte nuisible et préjudiciable perpétré contre le gré de quelqu’un (sans son consentement donc) et qui s’est basé sur des différences socialement prescrites entre hommes et femmes / filles et garçons.

Ces violences puisent leur source dans les stéréotypes culturels, les facteurs individuels dont l’analphabétisme et les facteurs institutionnels, notamment la faiblesse des lois protégeant les enfants. Parfois elles sont tout simplement la conséquence de l’orgueil de l’homme et sa soif d’assouvir ses propres penchants.

Selon le rapport de GBVIMS 2016, toutes les tranches d’âges sont touchées par le violences basées sur le genre y compris les enfants âgés de 0 à 4 ans (3,4%). Le taux de viol sur les enfants de 0 à 17 ans est de 61,84%.

En matière de violence basée sur le genre, la règle d’or est le consentement ; une notion qui ne doit jamais être perdue de vue. Le consentement doit être donné par une personne âgée de plus de 18 ans, en pleine possession de ses capacités mentales, sans intimidation ni menaces. Par conséquent, dans ce domaine, entre 0 et 18 ans, l’enfant n’a pas de consentement.

Faire plus c’est possible

Certaines formes de violences sur les femmes et les enfants ont été largement couvertes par nos journalistes, parfois sous l’impulsion de médias étrangers. Les plus emblématiques sont sans nul doute le travail des enfants dans les plantations ivoiriennes et le fléau de l’excision qui font jusqu’à ce jour l’objet d’une âpre lutte.

Cependant, d’autres formes de violences toutes aussi désastreuses sont répandues sur le territoire ivoirien et ne sont pas assez dénoncées. L’exposition à la violence familiale, le viol conjugal, les folles engrossées, la négligence et la maltraitance dont l’une des conséquences est la multiplication des enfants de la rue, les attaques répétées contre l’estime de soi (humiliations isolement, exploitation), les caresses et attentions non désirées et le travail des enfants dans les villes autour desquels règnent tabou et indifférence.

Cette faible médiatisation, a été débattue au cours de cet atelier. S’il est reproché aux journalistes de ne pas assez enquêter sur ces faits de société pourtant bien réels, ceux-ci soulignent le manque de collaboration des autorités gouvernementales quelque fois hostiles à la presse et donc peu enclines à collaborer avec elle sur ces sujets sensibles. En outre, les données statistiques relatives aux violences à l’égard des femmes et des enfants ne sont pas régulièrement mise à jour ; la dernière mise à jour datant de 2016 aux dires du ministère.

Par ailleurs, de telles enquêtes nécessitent des moyens dont les rédactions ne disposent pas toujours. Lorsque certains en dépit de ces barrières se prêtent à l’exercice, leurs efforts sont trop souvent récompensés par l’inaction des autorités compétentes.

Toutefois, ces obstacles bien réels ne devraient pas refroidir notre ardeur ou nous laisser nous complaire dans l’indifférence… Ayant été exposée pendant plus d’une trentaine d’années à des violences familiales, ayant mesuré leur impact sur ma propre personne, je mesure plus ou moins l’impact de la violence basée sur le genre sur une vie…

S’informer, dénoncer en tenant compte de la nécessité de protéger les victimes survivants (le terme consacré en matière de VBG)… Persévérer, même lorsque nous ne sommes pas entendus tel devrait être notre rôle ; pourquoi ne pas commencer par « Le travail des enfants dans les villes » ? A nous revoir…

Shalom !

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